Ouais on vous entend d’ici, ça faisait un peu long sans
nouvel article là. Mais si vous lisez ça, vous ne vous êtes pas découragés,
c’est bon signe ! Bon où en étions-nous ? Ah oui, la fin des amandes et le compte bancaire dans le rouge foncé.
On part pour les pommes !
On a donc passé un mois et une semaine à côté de Motueka,
nord de l’île du Sud, à remplir nos paniers rembourrés de milliers de pommes,
puis à les verser dans des grosses caisses de 500 kilos pleines qui nous
rapportaient par la suite à peine 30 dollars. Avant ça, on est allé claqué nos
derniers centimes à marcher dans Abel Tasman, parc national côtier, l’une des
neuf Great Walk du pays : 40km en 2,5j, mais on ne l’a pas fait en entier
parce qu’on avait pas les moyens de se faire récupérer en bateau au bout ni le
temps d’en revenir en stop. Plages paradisiaques, soleil non stop et attaques
groupées de sandflies (oui parce qu’on le savait, mais l’anti-moustique est la
seule chose qu’on a oublié d’emmener avec nous).
Ramasser les pommes, c’est plus difficile qu’on peut le
penser à première vue. Et ça on s’en doutait parce que tout le mois précédent
les gens à qui on en parlait s’écriaient des trucs genre « ouah vous avez
du courage », « je l’ai fait c’est trop dur », « vous
allez vous péter le dos », « je connais un mec qu’est tombé de
l’échelle » etc etc. Du coup on était motivé mais un peu inquiets. Donc
bref, en résumé, il faut aller vite pour gagner des sous parce que c’est payé à
la caisse qu’on remplit, mais pas trop parce que sinon on fait des conneries et
on a des pénalités. Conneries ? Exemples : ramasser des pommes trop
vertes (pas mûres, il faut les laisser pour le 2ème ou 3ème
passage), les jeter dans le panier au lieu de les poser délicatement (ça fait
des bleus ou des marques), verser trop vite son panier dans la caisse (idem),
... Autant vous dire que le juste milieu, on l’a pas trouvé tout de suite et
les 3 premiers jours on faisait 3 « bins » (caisses) à 2 dans la
journée, pas grand-chose donc. Après on s’est amélioré et on arrivait à en
faire 7 ou 8 en moyenne (un peu plus que le salaire minimum, à peine). Notre
record, c’est 10 ! Sauf que la gloire passait vite quand on voyait les
habitués qui en faisait entre 5 et 7 tout seul. On avait l’impression d’aller
aussi vite qu’eux, sauf qu’ils faisaient 2 paniers quand on faisait qu’un.
Allez savoir. Et puis bon il y a des jours faut l’avouer, où même si t’es
devenu un pro pour tenir en équilibre sur l’échelle à 2,5m de haut avec ton
panier plein, tu serais bien resté au chaud dans ton lit.
On bossait de 8h à 16h30 pour arriver à ça, sous un grand
soleil et des avions qui s’entrainaient à la voltige au dessus de nos têtes, à
éviter les guêpes qui se nichaient dans tous les creux de branches, et à manger
des pommes pour se requinquer. Et puis un jour il a commencé à pleuvoir et ça a
duré 2 semaines non stop, alors au bout d’un moment à ne rien pouvoir faire
sous la tempête (vraiment la tempête), ils ont augmenté le tarif de la bin pour
qu’on bouge nos fesses sous la pluie et qu’on ramasse les pommes avant que ce
soit trop tard (ça ils l’ont fait qu’une fois cela dit, après c’était le même
tarif avec de la boue à l’intérieur des chaussettes).
On était logé sur place avec les 14 autres
« pickers » (cueilleurs). On s’attendait à un grand dortoir commun,
on a eu une notre 2 pièces avec cuisine pour 3 fois rien la semaine. Avec nous,
une majorité de backpackers dans notre situation, de 19 à 35 ans. Ah ça on a
ricané, à jouer au cricket, faire des barbeucs, des sorties plage et soirées
poker. Et puis il a fallu partir au bout d’un moment, et c’était triste de
quitter cette ambiance quotidienne et de dire au revoir aux deux allemands
Bruno Mr jesaistout et Marlin le surfeur, Eva et Petr les tchèques pro du
poker, Hannah et Vladimir autres tchèques dits « les machines à ramasser »,
Ashley et Jack futurs boulangers qui réconcilieraient tout le monde avec les
anglais, James le kiwi et son petit chien Pip, Pierre le français fan de vélo,
Sébastien autre français et sa voiture violette à fleurs, et Mickael et Jen le
couple franco-canadien qui veulent aussi faire de l’apiculture. Mais on sait qu’on
gardera contact avec certains d’entre eux.
Après les pommes, on avait un planning serré, parce que
quand on a vu qu’on gagnait quand même pas mal de sous au boulot, on a décidé d’en
claquer la moitié pour se louer non pas une voiture, non, mais un van pour
faire le tour de l’île du sud avant de commencer la récolte de kiwis chez nos
amis apiculteurs de Coromandel.
On est parti le lendemain de la fin de la récolte,
dans l’obligation d’ailleurs d’esquiver le repas offert par les patrons (la
paulée quoi), avec la flemme de faire du stop avec nos gros sacs mais on a
encore été embarqué quasiment direct pour nos 5h de route jusqu’à Christchurch,
alors ca va. Christchurch, pas grand-chose à faire dans cette ville encore en
reconstruction suite au tremblement de terre d’il y a 3 ans. Partout des
travaux, des routes, des maisons, des bâtiments, le centre ville encore
intégralement fermé et des agences d’intérim qui recrutent à fond dans la
construction. Mais en discutant avec des gens, une ville aussi où tout semble possible,
chaque initiative, projet a une chance là où tout reprend de toute façon à
quasi zéro.
Prochainement, le compte rendu de notre trip dans l'île du sud !
(mais cette fois, vraiment prochainement, puisque l'article est déjà prêt !)
Prochainement, le compte rendu de notre trip dans l'île du sud !
(mais cette fois, vraiment prochainement, puisque l'article est déjà prêt !)


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