lundi 7 avril 2014

Comment s'autofarcir aux amandes.


Coincés dans les pommes jusqu’au cou (ce qui n’est presque pas une figure de style), nous avons eu un peu de mal à nous connecter à internet ces derniers temps, et donc vous raconter notre dernier wwoofing en date à Blenheim chez Gill et Graham. Dernier en date, et probablement dernier tout court, car le temps file et la priorité avant la fin c’est de visiter l’île du Sud et de refaire des sous pour l’Asie. Heureusement pour nous, on finit sur une note positive !



Gill et Graham ont depuis une vingtaine d’année un grand verger d’amandiers et figuiers, et ont réussi d’ailleurs à s’installer dans une véritable niche économique, très peu de personnes produisant ces fruits en Nouvelle-Zélande. Ils nous ont également prouvé qu’avec de petits moyens, on peut réussir à tout en ajoutant de la débrouille ! S’ils ont tout de même quelques activités annexes (comme de la mécanique par exemple, d’après la formation originelle de Graham), leur présence sur le marché de Blenheim depuis 8 ans et la fidélité de leur clientèle atteste de l’attrait de leurs produits.



Le gros de leurs recettes provient des amandes (près de 2 000 arbres), qu’ils vendent après la récolte soit « vertes », c’est-à-dire fraîches et dans leur coque, soit transformées : dans la cuisine familiale, les fourneaux et casseroles fument pour proposer amandes grillées et salées, fumées, chili/ail, amandes sucrées, biscotti aux amandes et beurre d’amandes (à base d’amandes fraîches ou grillées et huile d’amande). Autant vous dire qu’en tenant le stand le dimanche matin, les échantillons proposés pour tester finissaient principalement dans notre propre ventre.




Nous sommes arrivés juste avant la période de récolte, et avons donc aidés à ramasser sur le sol les
amandes déjà tombées, précédant le ramassage en machine. Car 2 000 arbres, ca ne serait pas gérable à faire à la main alors Graham a fabriqué de toute pièce une machine à récolter qui les plume de leurs fruits en 50 secondes chacun. Les machines étant très spécifiques et devant être importées des Etats-Unis, il a simplement réduit le coût par 10 en imaginant cet énorme parapluie vibrant à partir de pièces de récup, bout de tracteurs et toile de poids-lourds. Impressionnant exploit quand on voit cet engin arriver, pincer le tronc de l’arbre, déployer une sorte de parapluie à l’envers tout autour et commencer à le secouer pour que les amandes tombent dans la toile et soient ensuite emportés dans des sacs en toile sur les côtés. Et à voir l’entassement des pièces en vrac et prototypes dans le jardin, Graham fourmille d’idées pour de nouvelles machines magiques.

Bref nous avons donc ramassé des amandes, appris à traire une chèvre, trié des moutons pour l’abattoir, nettoyé le poulailler et réparer des systèmes d’irrigation. Et joué avec Peppy la chienne de 1 an qui mange des chaussures, ricané en regardant Graham retourner dans tous les sens Fluff le chat qui ne bronche jamais, regardé Country Farmers à la télé (un programme qui présente des agriculteurs et leur travail – et avec qui Gill et Graham sont en tournage en ce moment même !), ou encore mangé de la glace hokey pokey et du bon pain maison.

En fin de journée, on pouvait partir en excursion dans les alentours à vélo, à la plage ou à la rivière à côté pour pêcher (toujours sans succès...), ou faire des dégustations de vins dans les dizaines de domaines viticoles de la région (des usines qui possèdent chacune plus de 300 hectares de vignes : on est loin du petit domaine familial bourguignon). On a d’ailleurs tenté de faire un circuit dans plusieurs d’entre eux, sauf que comme on connaissait la fille qui s’occupe de la dégustation dans le premier caveau, le soleil a tapé sur toute la gamme de pinot gris et sauvignon blanc qu’on a ingurgité et on n’est pas allé bien loin à vélo. Enfin quand même jusqu’à la brasserie de bière locale, parce qu’on pouvait pas passer à côté quelque soit notre état.

Là on est à Motueka depuis bientôt 3 semaines, à ramasser 4 tonnes de pommes par jour par caisses de 500 kilos pour s’assurer un salaire à peine suffisant (250$ par jours).Et tout ça avec des allemands, des français, des tchèques, des anglais, des canadiens et même quelques néo-zélandais. Et un ptit chien.

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