On a pris l’habitude
de poster nos articles bien une semaine ou deux après notre passage, mais il y
a peu de chance pour qu’on oublie ce qu’on a fait chez Ivan et Irma, notre
dernier wwoofing en date. Pour le coup, on est arrivé en pensant en apprendre
un peu sur les abeilles, et on est reparti à reculons, avec deux vrais amis. Et puis, comble du rêve, Adrien semble enfin avoir trouvé ce qu’il
veut faire quand il sera grand : apiculteur.
Nous avions en
effet très envie de travailler et séjourner dans un endroit avec quelques
ruches pour apprendre les fondamentaux, et on a eu la chance d’être accepté
chez Ivan et Irma, Hollandais de sang mais Néo-zélandais depuis l’enfance, qui
en avaient plus de 700 et une belle entreprise de miel et pollinisation depuis
8 ans nichée dans les collines de la péninsule de Coromandel. On a donc pris
nos quartiers pour 10 jours dans une caravane à côté de leur entrepôt
d’extraction et stockage de miel, et on a presque chancelé à l’arrivée avec
tous nos sacs en traversant les milliers d’abeilles qui volaient autour,
excitées par les 13 tonnes de miel extrait cette année derrière les murs de
tôle. Premier contact.
On ne savait pas à
quoi s’attendre à vrai dire, bleus que nous étions dans ce domaine et habitués
au désherbage : on supposait qu’on aiderait dans leur jardin ou travaux
d’aménagement de la maison, et qu’avec un peu de chance on approcherait le cœur
du sujet. Deux jours après notre arrivée, on était pourtant en combinaison de
cosmonaute grillagée, à chercher les reines aux milieux de leur sujets et diviser les ruches en plusieurs, le tout au
milieu d’un pré de vaches qui nous fixaient en mâchouillant, puis se faisaient
piquer le museau, fuyaient en désordre pour revenir mâchouiller au même endroit
quelques minutes plus tard. Et se re-faire piquer, et... bref, n’essayez pas
d’enseigner quoi que ce soit à une vache.
Sûrement se sont-ils vite rendu compte que ça
nous intéressait au point d’envisager d’avoir nos propres ruches en rentrant. Alors
on les a inondés de questions, à tout moment de la journée, entrainant de
longues discussions qu’on ne voyait pas passer, tout en dégustant leur bière au
miel brassée maison qu’on ne voyait pas passer non plus. Peut-être parce que
pour une fois, nous étions les seuls wwoofeurs présents chez eux à ce moment,
mais c’était la première fois qu’on a autant échangé et appris avec nos hôtes,
que ce soit sur l’histoire de la Nouvelle Zélande, les relations avec les
maoris, les abeilles ou l’actualité du rugby (Merci à l’équipe de France des 7
de nous avoir infligé la honte de perdre 55-0 contre les All Blacks quand on
était là-bas d’ailleurs). Et puis franchement, personne n’avait encore osé nous
faire la recette de la carbonnade flamande, mais Irma est devenue une sérieuse
prétendante au titre de la meilleure cuisinière ch’ti de NZ.
On faisait pas les
malins au début quand même avec toutes ces abeilles autours de nous, mais Ivan
nous a dit que c’était comme les chiens, qu’elles sentaient quand on avait
peur. Enfin comme des millions de petits chiens avec des dards qui bourdonnent
autour de vous. Du coup, on entrait hy-per relax dans l’atelier en tee-shirt et
tongs pour aider à mettre en pot (mais sachez qu’aussi amical que vous soyez,
l’abeille pique quand elle est prise au piège dans les couches de vos
vêtements. Testé et prouvé). Et la tenue officielle de l’apiculteur était obligatoire
pour les « sorties de terrain » (les ruches sont disséminées par
petits groupes sur une cinquantaine de sites différents sur la péninsule),
parce que là quand vous ouvrez les ruches, vous aurez beau être relax, vous
rentrez quand même par effraction chez elles et ça, ça les énerve un peu. C’est
assez oppressant au début de les voir se ruer tout dard devant sur soi, mais
une fois plongé dans l’observation des cadres à l’intérieur de chaque boîte, on
en oublie qu’elles tournent autour. Sauf bien sûr quand l’une d’entre elles
arrive à se glisser à l’intérieur de la capuche par un micro-trou et qu’elle
pique sous la gorge (Adrien : aie), ou qu’elle profite de votre
inattention à la pause déjeuner quand vous êtes un peu plus loin pour se venger
sur un doigt et qu’il gonfle tellement qu’il devienne jaune et impossible à
plier pendant 3 jours (Audrey : ouille).
Nous sommes donc
arrivé dans la période fin de l’été où le miel est extrait, mis en pot, et où
on prépare les ruches pour l’hiver : on divise les grosses en plusieurs
plus petites pour compenser les pertes de l’année, on prépare de nouvelles
reines pour remplacer les moins productives, on s’assure que chaque ruche a
assez de miel pour nourrir ses abeilles pour l’hiver (chacune produit environ
80 kilos de miel sur l’année, sur quoi l’apiculteur prélèvera entre 20 et 40 en
accord avec leurs besoins), on renouvelle les bandes anti-varoa (des acariens
qui attaquent les ruches), et enfin plus tard, ils leur donneront du sucre si
elles viennent à manquer de nourriture. Car l’apiculteur laissera ses ruches
tranquilles tout l’hiver, mieux vaut qu’elles aient des réserves.
Ivan et Irma ne
sont pas certifié bio, car avec seulement 2 personnes sur l’entreprise, ce
serait une charge de travail impossible de revenir traiter biologiquement les
ruches contre les nuisibles tous les deux mois (seulement tous les 6 mois en
traditionnel). Le sucre comme complément alimentaire pendant l’hiver serait
également interdit, à moins de sucre bio. De plus, c’est assez difficile avec
le miel de certifier son origine bio : est-ce que tous les arbres et
fleurs peuvent être bio dans le périmètre où les abeilles partent chercher
le pollen ?
Le soir, on
fouinait dans les bouquins sur le propolis et les manuels de construction. Ah
oui, parce qu’Ivan et Irma ont aussi construit eux-mêmes leur maison, en
briques de boue moulées une par une à la main à partir du sol de leur terrain.
Ils sont partis de rien sur leur terrain de 11 hectares, et ont dû patienter
dans une caravane pendant le façonnage de 4500 briques nécessaires, et des 10 semaines
pour monter les murs. Et elle n’est pas encore terminée aujourd’hui, mais
habitable. Et superbe ! L’expertise d’Ivan dans la menuiserie et
charpenterie a en plus permis d’y intégrer du bois local du plus bel effet. Par
nostalgie, vous trouverez encore la baignoire dehors, derrière une touffe de
fougères, pour la douche du soir sous les étoiles. Un gros kiff, mais pudiques s’abstenir.
On repart donc avec
de précieux conseils la gestion des 4 futures ruches qu’il faut apparemment
pour commencer doucement, et l’outil d’apiculteur qu’Ivan a offert à un Adrien
tout ému. Mais mieux, on repart avec la quasi promesse de repasser avant de
partir parce que ça nous ferait plaisir de les revoir et qu’Ivan et Irma
viennent d’acheter un verger de kiwi dans lequel on pourra se faire quelques
sous avant de décoller pour l’Asie. On vous l’a pas dit peut-être ? Un
mois au moins au Cambodge et au Vietnam à visiter les copains.
A venir, aussi vite
qu’on pourra, comment on survit depuis 2 semaines en attendant la cueillette de
pommes qui ne commence pas avant mi-mars (il est donc possible de voyager à 2
pour moins de 50 dollars par jour !), et un article qui résumera notre
prochain (et dernier ?) wwoofing vers Blenheim (où nous sommes déjà à
l’heure actuelle d’ailleurs).
Audrey a appris :
Audrey a appris :
- A repérer la reine dans la ruche
(et vite)
- A ingurgiter l’équivalent de son poids en noix de macadamia grillées au four à bois
- A tricoter un bonnet au crochet ! (cf photos, celui sur la tête d’adrien)
Adrien a appris :
- A ingurgiter l’équivalent de son poids en noix de macadamia grillées au four à bois
- A tricoter un bonnet au crochet ! (cf photos, celui sur la tête d’adrien)
Adrien a appris :
- A manœuvrer un tractopelle et
utiliser une tronçonneuse
- A se faire piquer par des abeilles à la gorge, mais ça il s’en serait bien passé
- Comment installer ses futures ruches, construire sa maison, lancer son business, la totale
On a lu :
- A se faire piquer par des abeilles à la gorge, mais ça il s’en serait bien passé
- Comment installer ses futures ruches, construire sa maison, lancer son business, la totale
On a lu :
- Saga Maori (Haka
/ Utu) – Caryl Ferey
- Remède Mortel – H.Coben
- Remède Mortel – H.Coben





ça a l'air super intéressant !!! Si vous faites du miel, j'achète hihi
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